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mercredi 6 avril 2011

San Pedro de Atacama

Pour nos derniers jours au Chili, nous avons choisi le région du désert d'Atacama.

San Pedro est une toute petite ville de 3000 habitants qui accueille chaque année un nombre considérable de touristes venus admirer les merveilles de ce désert célèbre dans le monde entier.

Pourtant la ville reste jolie et agréable, et nous sommes restés quelques jours pour profiter des nombreuses excursions organisées dans les alentours.






A notre arrivée nous tombons sur un meeting politique, où les écoles du coin y vont chacunes de leur représentation  de danse pour célébrer la signature d'un accord local entre le ministère de l'éducation et plusieurs entreprises. Chaque politique présent y va de son discours plein d'entrain et de bonnes intentions (qui a dit "de langue de bois ?). Il fait dans les 40°C, et je les plains surtout d'être obligés d'endurer ça en costume-cravate...



Après un petit tour en ville, et quelques investigations parmi les dizaines d'agences de tourisme de la ville, nous optons pour un package classique de 4 excursions qui nous permettra d'aller admirer des aspects très différents de ce désert d'Atacama.

1er jour : le "valle de la luna". Vous devez en avoir assez des superlatifs, mais c'est vraiment superbe. Entre dunes de sable, grottes de sel et canyons, on se régale quelques heures à travers ces chemins, pour finir en apothéose avec un coucher de soleil sur la vallée (accompagné d'un apéro pisco comme le veut la tradition) :









2ème jour : levr très tôt (3h30) pour aller apprécier le réveil des geysers, qui ne donnent leur pleine ampleur qu'au petit matin, quand l'eau gelée par la nuit dégèle, et laisse s'échapper jets de vapeur et bouillonnement d'eau. Il fait -10°C, mais c'est très beau et spectaculaire. Pour se réchauffer, quoi de mieux qu'un petit bain dans une eau themale à proximité des geysers : +35°C dans l'eau, et -5°C dehors après le lever du soleil : la sortie a été un peu rude...





Nous continuons avec la visite d'un village "typique", dont 95% des habitants vivent du tourisme (vente de produits artisanaux, de nourriture locale, etc...). Mais la visite est quand même intéressante pour l'architecture traditionnelle des maisons.








Une fois de retour à San Pedro, pour nous remettre de nos efforts, nous décidons de nous poser dans un petit bar d'où émane une ambiance un peu bruyante, tranchant avec le calme du village. L'explication nous est donnée dès l'entrée : "aujourd'hui c'est Chili-Portugal, alors à chaque retransmission de match, c'est la même ambiance !"

Résultat : grosse après midi dans les cris et les rires avec des chiliens survoltés : on a adoré :



3ème jour : visite des ruines précolombiennes voisines, puis baignade dans un des lacs (très) salés de la région : flotabilité maximale dans une eau à très forte concentration en sel. Ceux qui ont pu se baigner dans la Mer Morte comprendront. Une fois de plus nous avons droit à un joli coucher de soleil sur le salar d'Atacama, un des plus grands lacs salés du monde (après Uyuni, où nous irons bientôt, et salt lake city).








4ème jour : visite des lacs de l'altiplano : à plus de 4300 m d'altitude, un circuit nous fait traverser des paysages encore différents, mais tout aussi impressonnants. Notre route s'arrête au bord de lacs de montagne où vivent des colonies de flamands roses, et quantité d'autres animaux beaucoup plus habitués que nous à ces altitudes.






Pour notre dernier jour, nous tenions à faire une visite moins classique : celle de la mine de cuivre de Chuquicamata, à une cinquantaine de kilomètres de San Pedro. Là on change complètement de paysage, puisque "chuqui" comme disent les locaux est simplement la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde (Le Cuivre est une des principales ressources du pays).

Les chiffres donnent le vertige : un trou de 3km par 5km, et profond de 1km. 65 000 tonnes de cuivres par an, 12 000 employés permanents. Voici pour l'exposé d'introduction. Et puis vient le moment où le guide nous dépose devant le trou, et là c'est le vertige au sens propre. Difficile de traduire en photo les proportions gigantesques de la mine. On voit des camions charger du minerai au loin, et remonter la pente comme des jouets pour enfants. Puis le camion s'approche de nous, et là quelque chose nous parait anormal... Ce sont les plus grands camions du monde : 8m de haut, une capacité de 400 tonnes par chargement, des pneus (michelin...) de 3 m de haut, valant 40 000 $ chacun. Et la mine en compte plus de 100 qui tournent 24h/24h. Bref, on ressort de la visite en n'ayant du mal à évaluer les échelles immenses d'un tel bazar, mais un tel chantier, même si c'est l'œuvre polluante et mégalomaniaque de l'homme reste fascinant.




Remarquez la taille des minuscules pick-ups américains (qui nous feraient déjà peur sur une route française) par rapport au camion géant :





Pour celles et ceux qui ne comprennent pas grand chose à l'extraction minière (et que ça intéresse, on ne sait jamais), je vous recommande le petit site très bien fait que la Codelco (entreprise publique chilienne qui gère la mine) a fait pour expliquer ses activités dans les écoles. Bon, ça ne parle pas trop des conséquences en termes de pollution (déplacement de village, contamination des eaux et consommation outrancières des ressources), mais ça a le mérite d'être clair.

Détail historique, Ernesto Guevara, qu'on n'appelait pas encore "le Che", aurait eu sa révélation socialiste en visitant la mine au début des années 50. Alors détenue par les américains, et pas du tout ouverte aux touristes, Le Che s'est introduit sur le site et a rencontré les mineurs qui travaillaient dans des conditions déplorables. La scène est visible dans le film "carnet de voyage", que je vous recommande si vous ne l'avez pas encore vu.

Qu'aurait pensé "El Che" devant ce gouffre gigantesque où désormais seuls circulent des camions grands comme des immeubles ?

Sur cette question métaphysique de haut vol s'achève notre périple au Chili. Prochaine étape : le salar d'Uyuni et notre entrée en Bolivie : Hasta luego !

La vallée de l'Elqui

Partis de bon matin de La Serena, nous prenons le bus pour Vicuña, première étape de notre découverte de la vallée de l'Elqui.

Splendide route qui serpente à travers la vallée, en quelques kilomètres le paysage change radicalement de la côte chilienne. Nous retrouvons une ambiance un peu semblable à la région de Salta en Argentine (normal, nous ne sommes qu'à quelques centaines de kilomètres) : terres arides; vallées encaissées et hauts sommets. La vallée est cependant cultivée, et on a du mal à imaginer comment sont récoltées les parcelles sur certains coteaux très raides.






Vicuña est une petite ville agréable au creux de la vallée, écrasée sous le soleil. Une fois notre auberge trouvée, nous partons marcher jusqu'au mirador situé sur une petite colline dominant la ville : joli panorama sur la vallée et sur les fameuses vignes de pisco.

En parlant de pisco, nous partons visiter notre première distillerie. Pour commencer, la CAPEL, grosse machine industrielle qui produit plus de 36 millions de bouteilles par an.

Petit cours sur le pisco : vous prenez un bon cépage de raisin blanc bien sucré (le Moscatel principalement ici), vous en faites un bon petit vin doux après une fermentation en cuve (d'acier ou de bois selon la qualité souhaitée). près quelques semaines, vous distillez le tout pour obtenir un alcool d'environ 70°C, que vous descendez à 35, 40 ou 45° avec de l'eau déminéralisée : vous obtenez le pisco. Pas très intéressant pur, le pisco devient beaucoup plus agréable en cocktail, comme le célèbre et excellent "pisco sour" (allongé avec un jus de citron vert et du sucre au shaker).

Très peu connu en Europe, cet alcool est massivement consommé au Chili et au Pérou. Les deux pays s'affrontent d'ailleurs en une guerre perpétuelle pour départager l'inventeur de ce breuvage.

Cette première visite nous a permis d'apprécier les méthodes d'élaboration de la boisson nationale chilienne (un hangar complet d'alambics de 5 m de haut...). En plus on est en pleine période de vendanges ici, donc le domaine était bien animé.








De retour de notre petite visite, nous partons pour la 2ème attraction de la région : l'observation astronomique. En effet, le Chili réunit dans ses régions les plus désertiques les conditions idéales pour les astronomes : pas de pollution atmosphérique ni lumineuse, de l'altitude, et le ciel de l'hémisphère Sud, qui permet d'apprécier certains objets stellaires parmi les plus intéressants, qui sont invisibles dans l'hémisphère Nord. Les amateurs d'étoiles savent que bon nombre de télescopes super puissants sont installés au Chili.

Nous ne connaissions rien de tout ça, mais les quelques observatoires "touristiques" présents dans la région permettent de s'initier à l'observation du ciel dans des conditions idéales. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés en pleine nuit sous le ciel chilien, en compagnie d'une poignée d'autres vacanciers venus bénéficier de l'équipement et des explications passionnantes d'un astrophysicien français ayant récemment ouvert son propre lieu d'initiation à l'astronomie.

Pour les prophanes que nous sommes, nous avons passé un moment magique. Rien que l'observation à l'oeil nu était impressionnante, nous étions littéralement submergés d'étoiles. Et le télescope nous a ouvert une autre dimension : observation de nébuleuses, de galaxies, de saturne tout en anneaux, et un lever de lune spectaculaire pour couronner le tout. Très belle soirée.
 (les photos ont été prises en approchant l'objectif de l'appareil de l'œilleton du télescope... mais à l'œil nu c'était plus impressionnant encore).






Le lendemain nous prenons la route de Pisco Elqui. La ville s'appelait initialement "La Union", mais a été rebaptisée ainsi pour tenter de donner un avantage supplémentaire au Chili dans la gueguerre du pisco avec le Pérou.

Querelles politiques mises à part, c'est une très jolie petite ville. Nous visitons cette fois une toute petite distillerie artisanale : "Los Nichos" (les niches en français) (moins de 40 000 bouteilles par an, mais un des meilleurs pisco du pays parait-il).
Le nom de la distillerie vient de la personnalité fantasque de son créateur, qui aimait réunir ses amis dns sa cve pour dégommer un nombre incalculable de bonnes bouteilles. A chaque décès de l'un de ses amis, il creusait une niche dans le mur de la cave, où il scellait une petite collection de bon crus, et écrivait un épitaphe personnalisé. La visite s'achève pa une petite dégustation, plus concluante que chez le géant CAPEL. La légende veut que depuis sa mort, la personnalité farfelue du fondateur hante encore les lieux. On a même e droit à des photos de famille prises après sa mort, où son visage souriant apparait derrière ses petits- enfants... "véridique, i n'y a aucun truquage" nous a juré le guide.




Pour notre dernier jour dans la ble vallée de l'Elqui, nous visitons un dernier domine (pour changer), mais de vin cette fois. C'est le seul de la région, créé il y a 5 ans par un couple de passionnés de Santiago. Tout petit domaine artisanal perché à plus de 2000m d'altitude, mais bénéficiant des dernières technologies, ce fut une belle découverte, le meilleur vin chilien que nous avons gouté pour l'instant.

Et pour ne pas que tout le monde pense que nous n'avons visité cette vallée que pour la boisson, nous finissons quand même par une petite étape culturelle : le musée Gabriella Mistral. Gabriella Mistral, c'est l'autre pillier de la poésie chilienne. Comme Néruda, elle a été prix Nobel de littérature, et comme lui elle fut diplomate dans de nombreux pays. Mais le minuscule musée, logé dans l'école primaire dans laquelle l'écrivain a habité (sa mère et sa tante étaient instits dans un tout petit village) nous a moins séduit que les demeures exhubérantes de Neruda. Personnalité plus austère et plus fermée, il faudra sans doute lire ses recueils (avec l'aide d'une bonne prof d'espagnol...) pour s'approcher de la personnalité de l'artiste. Je ne comprends d'ailleurs toujours pas pourquoi elle est systématiquement représentée sous les traits d'une veille femme peu souriante : jugez vous-même :