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lundi 9 janvier 2012

Voilà, c'est fini...

"Bienvenue à Paris, aéroport Charles de Gaulle, il est 11h30, la température au sol est de 8°C, nous vous souhaitons une agréable journée".

Bon, ben nous voilà rentrés.

Difficile de réaliser que le voyage est déjà terminé. On a l'impression d'avoir vécu des tonnes d'aventures en un an, et en même temps, l'impression que notre arrivée à Buenos Aires le 1er janvier 2011 c'était avant-hier.

Le comité d'accueil surprise fut fabuleux, et depuis quelques jours nous enchainons les retrouvailles, diners et apéros qui nous portent encore quelques temps au-dessus de l'angoissante réalité : mais qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire après ça pour se remotiver ?

Difficile aussi de réfléchir tout de suite aux conclusions et aux enseignements de ce rêve éveillé que nous avons vécu pendant 364 jours. C'était fabuleux, sans doute la plus belle expérience de notre vie, et nous recommencerons un jour, c'est certain. Depuis qu'on a appris qu'il y avait près de 200 pays dans le monde, on se dit qu'il nous reste tant encore à découvrir!

En attendant il nous faut prendre le temps de retrouver nos marques chez nous, de défaire les bagages, de retrouver la dure routine du quotidien, et de digérer tout ça :
  • 12 pays traversés
  • Plusieurs centaines de km à pied (et deux paires de chaussures explosées)
  • Des dizaines de milliers de km parcourus par tous les moyens de transports possibles et imaginables (voiture, pick-up, bus, poids-lourd, moto, vélo, cheval, avion, pirogue, cargo, train, ...)
  • plus de 30 000 photos rapportées
  • Une dizaine de kilos perdus
  • Quelques galères mémorables
  • Une cicatrice sur le mollet
  • Des centaines de rencontres
  • Quelques ml de larmes
  • Aucun souci de santé quel qu'il soit (même pas de petit souci gastrique en Inde...)
  • 155 articles sur le blog
  • Et des anecdotes à raconter jusqu'à la retraite... ou jusqu'au prochain voyage... ou jusqu'à ce qu'on vous saoule définitivement...
J'espère que nos histoires vous ont plu, et qu'elles vous donneront envie de voyager à votre tour si le virus ne vous a pas déjà contaminé. En tout cas je souhaite remercier du fond du cœur toutes celles et ceux qui nous ont écrit, suivis, soutenus, aidés, accompagnés, supportés, accueillis, pris en stop, nourris, logés. Le voyage est aussi une expérience de partage et de rencontre qui je l'espère fera de nous des êtres humains un peu moins cons.

Voilà, c'est fini, il ne me reste plus qu'à clôturer ce blog qui m'a bien occupé, et qui je l'espère vous a permis de vous évader quelques instants, surtout au boulot hein...

Je comptais mettre le mot "Fin" en gros, mais j'ai trouvé que le plus juste, c'était encore d'écrire :

MERCI

mercredi 23 novembre 2011

Le progrès ne vaut que s'il est partagé par tous

Sous ce titre un peu pompeux (...) se cache un des plus beaux slogans de l'histoire du marketing selon moi. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais ce slogan était celui de la SNCF dans les années 90.

Pourquoi parler de la SNCF ici? Tout simplement parce que je vais vous causer du train en Inde.

J'aime bien les chiffres, alors commençons par quelques stats plutôt édifiantes concernant le réseau ferré indien :
  • 63 000 km de rails
  • 6800 stations
  • 20 millions de passagers par jour
  • 3ème plus grand réseau ferré du monde derrière la Chine et la Russie, et 2ème en nombre de km parcourus par an
  • Indian Railways est un des plus gros employeurs du monde avec plus d'1,5 millions d'employés !
Ça vous donne le tournis ? Ben nous aussi ça nous a perdu la boule, surtout que notre première expérience fut comme d'habitude un baptême du feu façon plongeon dans le grand bain.




Dès notre 2ème jour en Inde, nous tentons de trouver un train qui part pour Calcutta. D'après certaines personnes c'est mission impossible, car nous apprenons qu'il faut la plupart du temps réserver plusieurs mois à l'avance ses billets. Pour nous ce sera coup de bol, puisque nous arrivons à trouver deux places le soir même, grâce au "tourist quota", un truc magique qui permet de dégoter des places pour les pauvres touristes en détresse même quand le train est archi complet pour les indiens.

Nous voilà donc de retour à la nuit tombée sur le quai de la gare d'Old Delhi, et là ça a été un grand moment d'hallucination, c'était tellement énorme qu'on n'a même pas pensé à prendre de photos ou à filmer. Imaginez, pour les trois quart des wagons, les places sont numérotées et donc attribuées nominativement, mais pour les wagons les moins cher, c'est "premier arrivé, premier servi". Et ce genre de règle en Inde vire rapidement à la baston générale. Alors que le train arrivait en gare et n'était même pas encore arrêté, nous avons vu des foules de gens se mettre à courir de tous côtés avec leurs innombrables valises et sacs de voyage, criants et poussant dans tous les sens. Les enfants pleuraient pendant que leurs pères, entrés dans les wagons en jouant des coudes attrapaient les bagages et leurs mioches dans la foulée pour les faire entrer par les fenêtres. ça bousculait et parfois même on voyait une mandale partir par-ci par là, une vraie hystérie collective, c'était assez impressionnant. Nous finissons par repérer notre wagon, et montons dedans, soulagés de voir que nos places sont bien réservées pour nous. Plus qu'à nous installer pour un long, très long voyage vers Calcutta, qui dura 26 heures sur les 22 prévues.



C'est la classe "sleeper", comprenez la plus populaire, car la moins chère disposant de couchettes et de réservations. Pour vous donner un exemple du tarif des trains en Inde, le Jalgaon-Delhi, trajet qui représente environ 1000km et qui a duré 21 heures nous a couté environ 6 euros chacun... N'étant pas suicidaires, on a quand même évité la "unreserved 2nd class", un peu trop bourrin pour nous.

Beaucoup de monde dans le train en général, et pas mal de curiosité à notre égard (assez bon enfant, on ne s'est jamais senti mal à l'aise ni en insécurité), et une animation perpétuelle, entre les vendeurs de thé et de nourriture qui passent toutes les 5 minutes, les dialogues avec les voisins et les paysages souvent superbes que nous avons traversés, on s'est régalés.


Après plusieurs milliers de km parcourus et plus de 70 heures passées dans les trains indiens, on peut dire que c'est un excellent moyen de se déplacer en Inde : plus rapide, moins cher et beaucoup plus confortable que le bus, que nous avons malheureusement testé également, c'est aussi un très bon prétexte pour faire connaissance avec les locaux, et on s'est souvent bien marrés. Petite galerie non exhaustive de personnes rencontrées dans le train :

Lui c'était notre voisin d'en face sur le Delhi-Kolkata (celui de 26 heures). Il est beaucoup plus souriant en vrai, sans doute à cause de la tendance des indiens à afficher une gueule d'enterrement dès qu'on leur demande si on peut les prendre en photo. La tactique ultime pour les dérider et initier la conversation, c'est de parler des films de bollywood : succès assuré !


Lui était souriant, et pour cause, c'est pas un indien ! A la question traditionnelle "d'où venez-vous ?", il nous a répondu : "ben je suis comme vous moi, je suis un touriste ici, parce que je viens du Bangladesh et là je rentre chez moi après quelques semaines passées ici à visiter l'Inde". Manifestement issu d'une famille aisée, il nous a tenu compagnie et nous a bien aidé à faire les traductions et à comprendre le fonctionnement des trains pour notre premier voyage. Ce fut également l'occasion d'en apprendre un peu plus sur la culture du Bangladesh, et les traditions familiales parfois semblables à l'Inde, comme l'influence des parents sur le choix de l'épouse par exemple.

Tactique éprouvée pour nouer contact avec un Bangladeshi : parler du professeur Yunus et des yaourts Shokti de la société Grameen Danone (dédicace à ma sœur préférée).


3 soeurs super intriguées par 2 pauvres touristes perdus au milieu de nulle part dans une gare de campagne.


Alors elle elle nous a tués. Cette petite gamine voyageant avec sa mère, manifestement assez pauvre nous a paru carrément douée pour ses 10 ans, puisqu'elle comprenait assez bien l'anglais, arrivait à déchiffrer nos livres en anglais et en français avec un accent respectable, même sans comprendre ce qu'elle lisait, et nous a même gratifiés d'un petit cours d'hindi en nous traduisant pas mal de mots en anglais et hindi à l'aide des photos de nos guides touristiques, très pédagogue la demoiselle. Dès qu'elle apercevait un livre, un prospectus ou une pancarte, elle ne pouvait s'empêcher de la lire. L'étudiant qui partageait le compartiment avec nous a même du lui arracher des mains son manuel d'anglais au moment de descendre, car la petite avait entrepris de le lire en entier et ne voulait plus le lâcher...



Une partie de la très sympathique famille qui nous a accompagnés lors de notre dernier voyage, un Jalgaon-Delhi. Originaires de Bangalore, ils prenaient le train tous les 5 pour aller rendre visite à la belle famille. Discussions, repas partagés et rigolades pour finir ce rail-trip en beauté.




Si vous voulez en savoir plus sur les trains indiens, et avoir des conseils pour votre prochain voyage en Inde, n'hésitez pas à visiter cet excellent site, qui parle également des trains dans beaucoup d'autres pays du monde.



vendredi 16 septembre 2011

Petit problème de Maths

Grand concours : 2 hémisphères,
en partenariat avec le professeur Kawashima

Dans la série : "Vous aussi vous pouvez jouer chez vous !", voici un petit problème de maths (niveau collège/lycée) qui m'est apparu en visitant un temple à Mandalay.

Contexte : 
Le temple de Mahamuni abrite une des statues de Bouddha les plus vénérées de Birmanie. Elle est censée avoir près de 1000 ans, et des centaines de pèlerins viennent prier et se recueillir devant elle chaque jour. Comme pour le rocher sacré, l'accès à la plateforme qui permet de toucher le bouddha ou d'y apposer des feuilles d'or est interdit aux femmes, dommage.







Cette statue est tellement sacrée qu'elle est aujourd'hui boursouflée par les couches de feuilles d'or que les fidèles ont apposées depuis des siècles. Ca m'a donné l'idée du petit problème suivant.









1) Sachant qu'une feuille d'or a pour épaisseur 0,00005 pouces, et que les surfaces les plus recouvertes sont garnies d'une couche d'environ 6 pouces d'or, calculez le nombre de feuille d'or qu'il a fallu apposer pour obtenir une telle épaisseur.

2) En évaluant personnellement au pif la surface totale recouverte de feuille d'or entre 8 et 10 m², avec une épaisseur moyenne d'environ 4 cm, évaluez la quantité totale de feuilles d'or qu'il a fallu poser pour recouvrir la statue, sachant qu'une feuille est un carré de 4 cm de côté.

3) Calculez le volume et la masse totale d'or qui recouvre la statue, ainsi que le prix de cette quantité d'or au cours actuel.

Le ou la gagnant(e) remportera une authentique feuille d'or achetée dans le temple de Mahamuni, et manufacturée à la main selon l'ancestrale tradition birmane (ça veut dire un travail très long et très fastidieux). Valeur 0,50€...






jeudi 5 mai 2011

Mission pour les missions

Après 2 jours dans la tranquille région de Samaipata, direction les missions jésuites du nord-est. Mais pour s’y rendre, ça a été le parcours du combattant…

Nous sortons de bon matin du village de Samaipata pour attraper sur la route principale un bus qui doit nous ramener à Santa Cruz :
« Pas sûr qu’on parte aujourd’hui, il y a un bloqueo à quelques kilomètres » nous répond le chauffeur d’un mini-bus. Ça commence bien

Le bus pour Santa-Cruz s’arrête quelques minutes plus tard, nous montons. Après une petite heure de voyage nous sommes effectivement arrêtés par un premier barrage. Descente des passagers, marche sur 200m à travers les branchages et les pierres qui bloquent la route (regards haineux échangés au passage avec la poignée de grévistes…). De l’autre côté nous trouvons un mini-bus qui nous prend… jusqu’au prochain barrage, plus important cette fois-ci. Dizaines de camions et de voitures bloqués, manifestants plus nombreux qui scandent leurs revendications, on passe de l’autre côté à pied pour attraper un dernier bus qui nous emmène en banlieue de Santa Cruz. Là on se trompe de bus, se fait déposer loin de la ville, prend un taxi escroc qui nous menace de nous emmener dans les quartiers mal famés de Santa Cruz si on  lui réclame notre monnaie (50 centimes d’€), et on arrive finalement à la gare, où on prend les horaires de trains pour les missions.

Après quelques heures d’errances en ville à la recherche du bureau d’immigration qu’on ne trouvera jamais (on voulait prolonger notre visa touristique de quelques jours), on finit par se vautrer dans le train (en ayant payé un supplément au passage, pour avoir acheté le ticket « à la dernière minute », soit 35 min avant le départ...).

Départ à 16 heures pour arriver sur les coups de minuit à San José de Chiquitos.

Mauvaise journée, ça arrive, mais ce n’est rien en comparaison de ce qui va nous arriver après… à suivre !

mercredi 30 mars 2011

Page culturelle : "LOS JAIVAS"

Los Jaivas signifie "les crabes" en espagnol, mais le nom est aussi un jeu de mot qui se prononce "high-bass" avec l'accent d'ici.

C'est un groupe de rock-folk légendaire au Chili, et plus généralement dans toute l'amérique latine.

Formé en 1963, le groupe est toujours en activité, malgré le remplacement de 2 des musiciens décédés.
On pourrait comparer leur musique à celle des Pink-Floyd (j'en connais un qui lève déjà les sourcils en doutant : "rien n'est comparable aux Pink Floyds !"), mais avec des influences fortes de musique folklorique andine.

Tous les musiciens sont des multi-instrumentistes surdoués, et vivent en communauté depuis un paquet de temps. En plus d'avoir vendu des millions de disques, d'avoir fait des concerts gigantesques, ils sont aussi célèbres pour avoir joué dans des lieux historiques et insolites (toujours un parallèle avec les Pink Floyds).

Parmi leurs morceaux de gloire, voici deux extraits de leur célèbre performance au Machu Picchu. Alors pour expliquer un peu le contexte, on est en 1981, personne ne s'est jamais produit sur ce site fabuleux (et personne ne l'a fait depuis), et les Jaivas ont composé spécialement pour l'occasion près d'une heure de musique en s'inspirant des poèmes que Pablo Neruda écrivit le jour de sa première visite au même Macchu Picchu. Moi qui aime faire des analogies pourries, je vous laisse imaginer le concert des Floyds à Pompei, sur des paroles de Victor Hugo, avec en introduction un des très grands écrivains de sa génération (bon, d'accord, là je vais loin dans la comparaison).

Je vous laisse juger, moi j'ai adoré, et il n'est pas impossible que cette musique me suive quand nous arriverons justement sur ce lieu mythique. Dédicace à tonton Aldo :




Petite questions aux plus de 40 ans d'ailleurs, plusieurs chiliens m'ont assuré que le groupe avait aussi eu son heure de gloire en Europe dans les années 70. Quelqu'un peut confirmer ?

mercredi 16 mars 2011

Le completo

Bon, j'avoue que j'ai un peu honte de dédier un article gastronomique à ce truc là, alors qu'on se régale depuis des semaines de la super cuisine chilienne, mais je veux vous faire partager cette découverte.

Le completo, c'est un peu notre jambon beurre à nous, il y en a à vendre à tous les coins de rues, et personnellement j'ai trouvé cet encas plutôt pas mal du tout : explication :

Vous prenez un hot dog, vous y ajoutez de la tomate fraiche ciselée en petits dés, de la purée d'avocat, et vous arrosez copieusement avec toutes les sauces qu'il y a sur la table : mayonnaise, ketchup et moutarde (qui ressemble ici plus à de la Savora) : vous obtenez un completo :

A consommer de préférence avec une bonne bière, et en s'en foutant plein les doigts, puisqu'il n'y a pas d'autre moyen de le manger...

Pour les plus téméraires, on peut aussi passer au niveau supérieur : le "completo aleman" (parfois appelé super completo) : c'est la même recette, mais avec en plus de la choucroute dedans !

Eh bien croyez le ou pas, mais ça déchire !

lundi 7 mars 2011

Futaleufu


Arrivés à Futaleufu après quelques péripéties d’auto stop et de bus, nous trouvons une petite auberge dans une rue tranquille de cette ville tranquille, plantée au milieu de montagnes tranquilles, mais qui abritent des torrents pas tranquilles du tout !





En effet, Futaleufu, en plus d’être une petite ville idéale pour le trekking et la pêche à la mouche, à quelques kilomètres seulement de la frontière argentine, est un spot de rafting de classe mondiale. Et comme le hasard des liaisons de bus nous a menés à cet endroit que nous n’avions pas trop prévu de visiter, pourquoi ne pas faire un petit tour dans les rapides ?

Après un cassage de tirelire en règle (pas donné le rafting, mais nous avons eu un encadrement, un service et une sécurité de pros qu’on a vraiment appréciés), nous voilà vêtus de tout l’attirail pour affronter le Futaleufu, nom torrent qui passe à côté de la ville. Quelques consignes et exercices pratiques de sécurité, quelques essais de manœuvres du bateau, et c’est parti pour 3 heures de sport intense au milieu d’une rivière tantôt calme, et tantôt déchainée. On affronte même de belles vagues et quelques rapides de classe 4 et 5 (pour ceux qui connaissent). Niveau sensations, c’est assez impressionnant, même si les secousses ne sont pas si violentes que dans d’autres sports ou attractions type grand 8. Par contre, on est vraiment au cœur de l’action, on sent la force immense du fleuve, qui soulève notre raft sans problème, manquant de nous balancer à l’eau à plusieurs reprises. Heureusement nos instructeurs / pilotes sont là, et veillent au grain.
Et une fois de plus quels paysages ! Circuler dans cette eau turquoise (et potable), au milieu des montagnes de la cordillère est une expérience fabuleuse.





Après cette séance d’efforts et de frissons, nous sortons heureux de cette expérience tout à fait nouvelle pour nous. Je conseille à nos amis fans de sports de glisse de tenter ça au plus vite, si vous ne l’avez pas déjà fait (y a –t-il des rafteurs dans la salle ?).

mercredi 2 mars 2011

La routa 40 : une affaire de cowboys

Après tant de montagne et de randonnées, il est temps de remonter plus au nord. Nous prenons un bus pour une ville frontière avec le Chili.

Au programme : une douzaine d’heures sur la fameuse « Ruta cuarenta » (la route 40), sorte de chemin primitif de légende qui parcourt quasiment toute l’argentine du nord au sud en longeant la cordillère à l’ouest. La Ruta 40, c’est tout une histoire, des milliers de kilomètres dans des paysages complètement vides, des lignes droites infinies de chemins de cailloux, des pauses dans des stations services improbables, perdues au milieu de nulle part (cette expression un peu bateau prend vraiment tout son sens ici). Mais c’est aussi des conditions de conduite difficiles, et parfois des accidents (on a rencontré un groupe de français dont le bus s’est renversé quelques jours avant…).

Sauf que nous, on a fait une bonne pioche avec notre paire de chauffeurs cow-boys. Au premier abord, ces 2 gaillards farceurs et aimant la musique folklorique à fond dans le camion ne nous inspirent pas vraiment confiance.





Mais finalement, on s’en sort sains et saufs en arrivant à Los Antiguos, malgré 2 heures de retard dus à un enlisement à mi-chemin (on a été secourus par une machine de chantier qui trainait là : merci les gars du TP !). En discutant avec nos chauffeurs, ils nous apprennent qu’ils ont plus de 10 ans de route 40, mais que c’est la première fois qu’ils s’enlisent, la faute aux travaux en cours pour la construction d’une vraie route asphaltée. D’ailleurs certaines compagnies de bus refusent à présent s’emprunter le tronçon que nous avons parcouru, en raison du trop mauvais état du chemin. Valait mieux nous le dire après être arrivés…






Il parait que dans quelques années toute la route sera goudronnée. On y perdra en aventure et en folklore, mais on y gagnera sûrement en sécurité et en facilité de communication.

mercredi 23 février 2011

Un peu de trekking "I survived the W"

Nous ne sommes pas de grands montagnards, et encore moins des amateurs de trekking comme nous en croisons régulièrement au cours de notre voyage.

Alors quand une visite incontournable de notre périple ne s'avère possible qu'à travers un trekking de plusieurs jours, le doute s'installe.

Le parc Torres del Paine, qui tire son nom des hautes tours de pierres qui le dominent, ne se visite de manière approfondie qu'à pied, et certains sentiers sont un peu exigeants pour les débutants, sans parler des conditions climatiques très changeantes. Alors après étude des parcours possibles, location de matériel adéquat (tente, réchaud, batons, etc...), nous voilà partis sous un ciel gris pour réaliser une boucle en 5 jours, un classique appelé le "circuit W".

De 034_torres del paine

Bilan des opérations, après 5 jours de marche et plus de 80 km :

Des paysages superbes

De 034_torres del paine

De 034_torres del paine

De 034_torres del paine

De la marche, de la marche, des pates au réchaud à gaz, un plantage / rangement de tente sous la grosse pluie.

De 034_torres del paine

De 034_torres del paine

Les fameuses "4 saisons en une journée" (du soleil à la grosse pluie, en passant par un peu de neige qu'on a eue le dernier soir sous la tente... brrrr.... une nuit à 1°C)

De jolies rencontres (article à venir)

Un départ à 5 heures du mat à la lampe frontale pour voir le soleil se lever sur les tours du Paine.


Chili-Torres del paine from jbqueromes on Vimeo.


et pas une ampoule ni une courbature !

Trop fort non ? (qui a dit "la chance du débutant"?)

Et puis tant qu'on est dans une région à montagne, on va repasser en argentine pour aller voir du glacier et du gros pic d'alpiniste tiens...