La carte : Où en sommes-nous ?

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lundi 19 septembre 2011

Birmanie, the end...

De retour à Yangon, quel bilan tirer de ce voyage en Birmanie ?

Au premier abord on a eu un peu de mal à s'adapter à la culture locale, mais comme on nous l'avait dit: "c'est un pays qui nécessite du temps". Finalement on est resté vraiment charmé par les paysages superbes, la culture et la population, elle aussi superbe dans tous les sens du terme.







Seul bémol, on n'a pas vraiment trouvé le moyen de voyager en dehors des sentiers battus ici. C'est sans doute possible, mais on s'est quand même senti bien guidé dans les chemins et même les hotels réservés aux touristes, merci au régime birman!

La politique justement, parlons-en un peu. La Birmanie c'est une des plus vieilles et des plus dures  dictatures encore en activité. Effectivement on a ressenti à notre échelle quelques uns de ces effets (présence militaire forte, censure d'internet, et plein d'autres bizarreries). Mais il nous semble que le pays est en train d'évoluer. Alors bien sûr on n'est pas journalistes, et on n'a pas vraiment vu la vraie vie quotidienne des birmans, mais il y a quelques petits indices qui nous ont étonnés.

On nous avait conseillé de regarder ce documentaire :


Je sais pas vous, mais nous on a trouvé ce documentaire assez mauvais d'un point de vue journalistique (pas assez fouillé, pas assez de preuves ni de témoignages, ils ne parlent pas des vrais problèmes graves du pays, et il y a quelques erreurs). Cependant, ce reportage a au moins deux mérites. Tout d'abord la plupart des énormités qu'il dénonce sont avérées, ce qui en dit long sur la mentalité des dirigeants du pays. Et ensuite il a été tourné il y a quelques années, et depuis beaucoup de choses ont évolué :
  • Une carte SIM ne coute plus 1800$, mais 380$  (quel progrès !). Une carte SIM "spéciale touriste" est même disponible pour la modique somme de 50$, mais son usage est limité à un mois.
  • Malgré la saison des pluies, on a finalement eu assez peu de coupures de courant
  • On peut consulter ses mails google, hotmail et autre de tous les cybercafés qu'on a testés, et personne ne nous a demandé notre passeport. Mais youtube, skype et les blogs google notamment sont censurés. Le site du documentaire, lui est parfaitement accessible, allez comprendre...
  • Et surtout, Aung Sang Suu Kyi a été libérée fin 2010... Alors bon, la liberté d'expression c'est pas encore ça, mais nous avons vraiment l'impression que le pays est en train de changer un tout petit peu.
Selon nous, le gouvernement se rachète une bonne conduite pour mieux conserver le pouvoir dans le futur. Apparemment ça fonctionne. Donc les choses ne devraient pas changer radicalement non plus malheureusement.
La meilleure conclusion pour moi, c'est Lu Maw, le joyeux drille des Moustache Brothers qui l'a eue. Nous tendant un article du journal officiel de la junte, un torchon plutôt navrant, il nous explique :

"Aujourd'hui je suis content. Pourquoi ? Parce que cette semaine j'ai vu quelque chose de vraiment intéressant sur le journal."


"Aung San Suu Kyi a rencontré le président. Ça c'est un bon point bien sûr, mais ce qui est intéressant, c'est qu'en arrière plan sur la photo, on voit le portrait du général Aung San, héros national très populaire ici, mais dont l'image n'est pas trop autorisée, car c'est la père d'Aung San Suu Kyi. Ils n'étaient pas obligés de faire ça, mais ils l'ont fait. C'est la raison pour laquelle la photo est vraiment intéressante, ça montre que les militaires commencent à réfléchir...."

Le Lac Inle

Le Lac Inle est très célèbre en Birmanie. Vous avez peut-être déjà vu en photo ses fameux habitants ramer avec les pieds, debout sur leur barque effilée.


Cette escale était aussi l'occasion de fêter le deuxième anniversaire de ce tour du monde. Y a pire comme endroit pour passer la trentaine ! Au passage un grand merci pour vos innombrables messages qui m'ont beaucoup touché, même à plusieurs milliers de kilomètres.

On a donc passé deux jours dans ce coin à visiter marchés, fabriques artisanales, temples sur des îles, et farniente dans 2 superbes hôtels.



Un joli bungalow, duquel on pouvait voir ça :





Le ledemain, le traditionnel circuit en bateau sur le lac :
















Le lendemain de ma grande soirée de passage dans le monde des adultes (...), nous avons pu prendre le temps de visiter une des rares vignes du pays. En fait il n'y en a que 2...

Bonne surprise que ce vin, conçu par un vigneron français dans cet endroit superbe, mais bien tropical. Ces gens-là sont des héros du pinard, car pour sortir des vins honorables comme ceux que nous avons goutés ici, il faut avoir la foi, et un sacré savoir-faire. Imaginez un peu, une saison des pluies qui risque chaque année de faire pourrir tes vignes, 2 récoltes de raisins par an, et quasiment pas de repos sur ces terres assez humides (il me semble même que les feuilles ne tombent jamais ici). En plus je ne vous parle pas de l'environnement politique plutôt intrusif. Ici le terme de "pot de vin" prend tout son sens...







Pour en savoir plus, c'est par ici.

dimanche 18 septembre 2011

Trekkons ensemble

Après Bagan, nous souhaitons terminer la collection des "Big Four" en nous rendant au Lac Inle. Mais plutôt qu'un trop classique trajet en bus, nous préférons un trek de 2 jours à travers la campagne et les villages.

Ce trek sera mené par Hari Singh, un sikh qui vit avec sa famille du tourisme dans la région. Nous partageons la route avec 2 anglais et 4 Malaisiens.

















Pour la petite histoire, en visitant un village nous repérons un petit papi qui revient des champs avec son chargement sur le dos. N'écoutant que mon sens du service, je lui propose de lui porter son équipement jusqu'à sa maison. C'était super lourd !


Pour nous remercier, il nous invite quelques minutes dans sa maison, et nous offre un sac de cacahuètes (c'est la saison, il en a plein sa maison).


Malheureusement nous ne sommes restés que trop peu de temps dans ce village. On serait bien resté tapper la discutte (en langue des mimes) avec ce pépé sympa comme tout.









Et puis, sur la fin de la route, on s'est pris une méga averse, ça faisait longtemps !





Arrivés au lac Inle, nous passons par la case "artisanat local" (comprenez magasin à touristes), dont certaines employées sont des fammes-girafes de la tribu Karen.







Alors que les flashs crépitaient, je me suis trouvé assez mal à l'aise de voir ces pauvres femmes, pensant qu'au nom des traditions on peut parfois aussi faire de belles conneries. Éclat de rire des malaisiens lorsque je leur ai mimé que ces pauvres femmes ne devaient même pas pouvoir lacer leurs chaussures...