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vendredi 11 février 2011

Rencontre avec Horacio (dédicace à l'ami Guez)

Parmi les âmes charitables qui ont accepté de nous prendre en stop, nous avons fait la connaissance d'Horacio, qui nous a conduit sur une centaine de km jusqu'à Ushuaia.

Horacio, la cinquantaine, est chauffeur routier de son état, habite à Buenos Aires et est suporter du club de Boca Junior.

Comme tous les Argentins, il ne peut pas se passer de maté, et il a même sous la main un butagaz et 2 coupes différentes pour ne jamais tomber à sec "une pour le maté sucré, l'autre pour le maté amer, sans sucre".





Il promène son énorme camion aux quatre coins du continent depuis de nombreuses années, et, bien que ce ne soit pas très autorisé par sa compagnie de transport, il aime bien prendre les voyageurs en stop "sauf aux abords des grandes villes, il y a déjà eu des vols de camions".

Tout au long du trajet, il nous parle de son métier, de la solitude, des routes interminables de Patagonie, et du climat rude de la Terre de Feu "mais j'y suis habitué, donc ça va".

"En hiver, on est obligés de chainer les pneus. Les gens qui circulent en voiture trouvent alors subitement que les routiers sont très pratiques, et ils se mettent à nous suivre car on casse la glace sous le poids des camions."
"Mais il y en a beaucoup de la glace sur les routes ?"
"L'hiver dernier, on avait une couche de 8 cm sur cette route là..."

Comme on ne connait pas grand chose au monde des camions, on lui pose un tas de questions, auxquelles il répond en souriant  :

"Il faut beaucoup de connaissances en mécaniques pour conduire ce genre d'engin ?"
"Non, plus maintenant. Avec les camions modernes on ne peut plus toucher à rien, dès que t'as un problème, un technicien se pointe avec un ordinateur et se branche dans la boite à gants là. C'est l'ordinateur qui te fait le diagnostic et qui te dit ce qui cloche, c'est plus comme avant."
"Mais il est récent ton camion ?"
"Il appartient à mon entreprise, mais il n'y a que moi qui le conduit. Il est assez récent, puisqu'il a environ 3 ans, ... et 450 000 km"

"Et si on faisait un peu de stop ?"

Partis de puerto Madryn en bus de nuit, nous devons trouver une correspondance pour ushuaia à Rio Gallegos. Mais là, petit souci de logistique, puisque notre brave bus aura plus de 3 heures de retard. Résultat : correspondance loupée : on doit attendre le prochain bus en partance pour le "bout du monde", qui ne part que le lendemain matin.

"Et si on faisait du stop tiens ?"

Sitôt dit, sitôt fait, on se retrouve sur la rocade de la ville avec les sacs sur le dos, le pouce en l'air et notre sourire le plus "colgate", malgré les 12°C et les rafales de vent à se faire décrocher le brushing...

A partir de là, je ne sais pas si c'est une chance incroyable, la gentillesse systématique des Argentins ou notre allure de "jeunes-voyageurs-super-cools-prêts-à-faire-des-rencontres-inoubliables", en tout cas tout s'est enchainé facilement jusqu'à ushuaia. + de 600 km, 4 postes frontières, une traversée du détroit de Magellan et des paysages sublimes de la campagne de Terre de feu en moins de deux jours, "haciendo dedo" comme on dit ici.





L'occasion de jolies rencontres aussi avec, dans le désordre :

  • une famille de Rio Grande, grosse ville industrielle de Terre de Feu
  • un jeune papa partant à la chasse au Castor (gros 4*4 et quad tout terrain sur la remorque)
  • deux jeunes potes fêtards partis chercher un de leurs compères à la frontière chilienne
  • un ingénieur sympa, pris de pitié pour nous, qui nous a emmené "au poste de police le plus proche" pour avoir plus de chance de trouver des voitures à chopper
  • et Horacio, chauffeur routier de don état.

Bref, que du bon pour arriver à Ushuaia

mardi 8 février 2011

N'est pas photographe animalier qui veut...

Nous aimons prendre des photos, beaucoup de photos durant nos voyages. Alors quand l'occasion de voir des dauphins en vrai s'est présentée, tout l'attirail était déjà prêt : réflex chargé, caméra étanche programmée.

Il est vrai que nous avons été conditionnés depuis notre plus tendre enfance à aduler cet animal-mascotte : Le grand bleu, les reportages de Cousteau, Flipper le dauphin ou encore le gallak : tout nous pousse à avoir envie d'en ramener un souvenir à la maison.

Seulement prendre des images d'une bestiole qui gigote tout le temps, et sous l'eau en plus, c'est beaucoup plus difficile que de tirer le portrait d'un gaucho qui prend la pose...

Pour les vidéos, comme le bord du bateau était plus haut que ce que je pensais, j'ai fini par me retrouver dans une situation improbable ou le second du capitaine me retenait par les pieds pendant que je plongeais la caméra sous l'eau, dans l'espoir qu'un dauphin viendrait prendre la pose devant moi... j'avais l'air bien con...



Résultat, à part attirer la curiosité et les sourires des autres touristes présents sur l'embarcation, une pauvre vidéo où on croit voir apparaitre un bout de dauphin : concentrez-vous, ça va très vite :


argentine-puerto madryn-3 from jbqueromes on Vimeo.

Pour les photos, en choisissant la technique hazardeuse, mais facile du "shootes tant que tu peux, y en aura bien une de bonne", on s'est retrouvés au final avec quelques pauvres images floues et mal cadrées.




Dans le bateau avec nous, il y avait par contre un type super calme, qui déclenchait une fois de temps en temps, et s'appliquait calmement pour chaque cliché.

A la fin de la ballade, il nous tend une carte de visite "je suis photographe, ce soir je fais le vernissage d'une expo sur la patagonie, venez si ça vous intéresse". En faisant un tour sur son site, j'ai rangé mon orgueil au placard (pas pour longtemps diront ceux qui me connaissent bien) : n'est pas photographe qui veut ...

Rencontre avec Luis

Pendant notre séjour à Puerto Madryn, nous avons effectué quelques excursions à la découverte de la faune et de la flore locales. En bons radins que nous sommes, nous avons opté pour la moins chère des agences touristiques du coin, et le choix s'est avéré payant, car le guide qui nous a accompagné pendant 2 jours était fomidable.

Luis est guide touristique, mais il a commencé sa vie professionnelle dans une estancia de la région, comme beaucoup de jeunes de sa génération. Toute sa famille est originaire de Puerto Madryn, alors il connait très bien le coin.



En plus des explications traditionnelles sur les pinguoins, les lions de mer, les orques et les baleines, on a appris énormément de choses sur l'histoire, l'économie et la culture de la région.

Colonisée à l'origine par des paysans gallois (dont il reste des traces dans quelques oasis agricoles au milieu du désert), puerto madryn s'est rapidement tourné vers la mer et les moutons. En témoignent le très grand port de commerce et de plaisance, et les immenses estancias du coin, du genre "si t'as moins de 2000 hectares, retourne jouer aux billes...".

Avec humour et passion, Luis nous a abreuvés de détails tout au long de nos visites, on a passé un très bon moment.

Pour ceux qui veulent de l'anecdote "croustillante", sachez par exemple qu'il est de Tradition dans les estancias de castrer les moutons... avec les dents... (véridique, on a vu les photos).


Des profs d'histoire géo comme ça, j'en rêvais au collège...

Puerto Madryn : bienvenue chez les pingouins

Après les montagnes de la région des lacs, nous partons prendre l'air de la mer à Puerto Madryn, région célèbre pour sa faune marine.


Pas de bol pour nous, l'attraction majeure du coin, l'observation des baleines franches australes, n'est plus possible depuis fin décembre, car les bestioles ont déjà migré...

Qu'à cela ne tienne, nous passerons 3 jours dans cette station balnéaire à découvrir la nature très riche (et très nouvelle pour nous européens) qu'offre la côte patagone.

Au menu :

lions et éléphants de mer sur la péninsule Valdez :


argentine-puerto madryn 1 from jbqueromes on Vimeo.









Pingouins de Magellan à Punta tombo (Une colonie géante de 450 000 individus, ça courait dans tous les sens) :


argentine-puerto madryn 2 from jbqueromes on Vimeo.






Et pour finir une jolie rencontre avec des dauphins dans la baie de Puerto Madryn :

(vidéo à venir)



Pour se remettre de nos émotions, on s'est même autorisé un joli petit resto accroché à la falaise dominant la baie (remarquez la cuvée "ventus" de la "bodega del fin del mundo", un vin de patagonie assez connu ici, et qui se défend plutôt bien) :