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lundi 7 mars 2011

Futaleufu


Arrivés à Futaleufu après quelques péripéties d’auto stop et de bus, nous trouvons une petite auberge dans une rue tranquille de cette ville tranquille, plantée au milieu de montagnes tranquilles, mais qui abritent des torrents pas tranquilles du tout !





En effet, Futaleufu, en plus d’être une petite ville idéale pour le trekking et la pêche à la mouche, à quelques kilomètres seulement de la frontière argentine, est un spot de rafting de classe mondiale. Et comme le hasard des liaisons de bus nous a menés à cet endroit que nous n’avions pas trop prévu de visiter, pourquoi ne pas faire un petit tour dans les rapides ?

Après un cassage de tirelire en règle (pas donné le rafting, mais nous avons eu un encadrement, un service et une sécurité de pros qu’on a vraiment appréciés), nous voilà vêtus de tout l’attirail pour affronter le Futaleufu, nom torrent qui passe à côté de la ville. Quelques consignes et exercices pratiques de sécurité, quelques essais de manœuvres du bateau, et c’est parti pour 3 heures de sport intense au milieu d’une rivière tantôt calme, et tantôt déchainée. On affronte même de belles vagues et quelques rapides de classe 4 et 5 (pour ceux qui connaissent). Niveau sensations, c’est assez impressionnant, même si les secousses ne sont pas si violentes que dans d’autres sports ou attractions type grand 8. Par contre, on est vraiment au cœur de l’action, on sent la force immense du fleuve, qui soulève notre raft sans problème, manquant de nous balancer à l’eau à plusieurs reprises. Heureusement nos instructeurs / pilotes sont là, et veillent au grain.
Et une fois de plus quels paysages ! Circuler dans cette eau turquoise (et potable), au milieu des montagnes de la cordillère est une expérience fabuleuse.





Après cette séance d’efforts et de frissons, nous sortons heureux de cette expérience tout à fait nouvelle pour nous. Je conseille à nos amis fans de sports de glisse de tenter ça au plus vite, si vous ne l’avez pas déjà fait (y a –t-il des rafteurs dans la salle ?).

mercredi 2 mars 2011

Rencontre avec les joyeux flamands

« Ah, mais vous êtes français ? Vous allez où ?»

D’habitude, ce genre de réponse fait plutôt plaisir quand on rencontre un autre voyageur francophone : entraide, camaraderie, tout ça. Mais quand on me répond ça alors que j’essaye d’interpeler un automobiliste avec mon meilleur accent espagnol-chilien, ça me prouve que j’ai encore quelques progrès à faire…
Pas grave pour cette fois, je range volontiers mon orgueuil un moment, puisque la bande des joyeux flamands nous a gentiment pis en stop.

Stephen (t-shirt blanc) est Belge, et travaille un peu partout dans le monde avec Gijs, (t-shirt bleu) qui est hollandais (j’ai encore du écorcher son nom, qu’il me pardonne). Tous deux sont consultants indépendants, et travaillent dans la drague (dans les bateaux dragueurs quoi). Ils ont profité d’une de leurs nombreuses missions à l’étranger, plus précisément au Brésil cette fois, pour faire un léger détour de 6000 km par la Patagonie chilienne, où Frank (t-shirt noir), ami et voisin de Gijs, est en train de relever un nouveau défi. Ils vont lui apporter soutien, réconfort (et carburant) pendant quelques jours.



Frank est hollandais aussi, et il a l’habitude de profiter de ses nombreuses et longues vacances (il travaille pour l’opérateur public d’électricité hollandais, suivez mon regard…) pour faire du vélo. Et quand Frank fait du vélo, il ne fait pas semblant : traversée de l’Europe dans tous les sens, traversée de l’inde, de l’Asie du sud-est, et j’en passe. La ballade de cette année : remonter une partie du continent sud-américain depuis Ushuaia jusqu’à Santiago du Chili (quelques milliers de km) en trois mois.



Au-delà de l’aubaine que représente un automobiliste sympa qui vous prend en stop, la rencontre avec ces 3 là a été vraiment un plaisir. D’abord leur gentillesse, leur très grande générosité envers nous, mais aussi les bonnes rigolades qu’on s’est tappées lors de 2 repas un peu arrosés que nous avons partagés nous auront fait chaud au cœur.
Un grand merci à tous les 3 pour cette journée, et bon courage à Frank pour la fin de son aventure, que vous pouvez suivre ici : www.frankmekes.nl.

La caratera austral, ça commence comme une histoire belge...

Voilà, fini l’Argentine, nous sommes à présent au Chili pour de bon, après une première petite incartade à Puerto Natales il y a quelques jours (pour un trekking à Torres del Paine pour ceux qui suivent). Arrivés à Chile Chico de l’autre côté de la frontière, nous prenons un bateau qui traverse le grand lac dont j’ai oublié le nom et nous économise d’interminables bornes de route défoncée dans la montagne. Je profite du voyage pour envoyer lâchement mon émissaire spéciale de charme en mission « auto-stop ». Son objectif : trouver sur le bateau un automobiliste qui daignera nous amener à Coyhaique, à 200 km de là. Mission accomplie en 2 min chrono, avec un magnifique strike : un jeune chilien super sympa nous conduira (dans une 307 presque neuve monsieur) sur cette route fabuleuse, avec paysages de carte postale et coucher du soleil en prime.
Le paysage patagon a complètement changé, et c’est une montagne plus agricole et plus verte que nous voyons alors :






Après une nuit à Coyhaique, quelques minutes de marche nous permettent de  nous éloigner du centre ville pour trouver un meilleur « spot de stop » : on commence à avoir de la bouteille. Encore une attente de 30 min, et nous tombons sur une joyeuse bande de flamands (un belge et 2 hollandais) qui nous emmèneront toujours plus au Nord sur la Caratera Austral : équivalent chilien et montagnard de la route 40 (au moins pour la qualité du chemin…). A l’arrière du pick-up, ça secoue, on prend plein de poussière dans la figure, mais le spectacle en vaut la peine.




Après une journée de route, et une jolie escale avec nos compagnons de route (article à venir), nous ferons escale à Puyuhapi. J’ai d’ailleurs certainement écorché le nom de ce minuscule village : qu’Almendra, la (enfin plutôt le) charmante responsable de l’office du tourisme local me pardonne…
Le lendemain, nous entamons une petite séance de lever de pouce sur le bord de la route, mais le temps est gris, et la concurrence entre auto-stoppeurs se fait rude. En effet, comme depuis le début de notre boucle en patagonie, un grand nombre de jeunes voyageurs israéliens croisent notre route. La plupart en mode sac-à-dos-tente-réchaud, ils n’ont d’autre moyen de se déplacer que l’auto stop.
Mais nous avons l’avantage du nombre : nous ne sommes que 2 quand eux attendent par groupe de 7 ou 8 : erreur stratégique !
Bingo encore une fois, un chilien sympa (et spécialiste de l’exportation de vin…) nous prend sur une cinquantaine de kilomètres. Nous finirons notre route dans une station service. Là, la chance a tourné : plan B : la dernière solution est de prendre l’unique bus qui passe par là aujourd’hui, ce que nous faisons. Mais le bus ne va pas exactement où nous l’aurions souhaité. Qu’à cela ne tienne, un petit détour d’une journée nous permettra de visiter Futaleufu, petit village chilien à la frontière avec l’Argentine.

Et qu’est-ce qu’on y fait à Futaleufu ? Vous le saurez dans le pochain épisode !

La routa 40 : une affaire de cowboys

Après tant de montagne et de randonnées, il est temps de remonter plus au nord. Nous prenons un bus pour une ville frontière avec le Chili.

Au programme : une douzaine d’heures sur la fameuse « Ruta cuarenta » (la route 40), sorte de chemin primitif de légende qui parcourt quasiment toute l’argentine du nord au sud en longeant la cordillère à l’ouest. La Ruta 40, c’est tout une histoire, des milliers de kilomètres dans des paysages complètement vides, des lignes droites infinies de chemins de cailloux, des pauses dans des stations services improbables, perdues au milieu de nulle part (cette expression un peu bateau prend vraiment tout son sens ici). Mais c’est aussi des conditions de conduite difficiles, et parfois des accidents (on a rencontré un groupe de français dont le bus s’est renversé quelques jours avant…).

Sauf que nous, on a fait une bonne pioche avec notre paire de chauffeurs cow-boys. Au premier abord, ces 2 gaillards farceurs et aimant la musique folklorique à fond dans le camion ne nous inspirent pas vraiment confiance.





Mais finalement, on s’en sort sains et saufs en arrivant à Los Antiguos, malgré 2 heures de retard dus à un enlisement à mi-chemin (on a été secourus par une machine de chantier qui trainait là : merci les gars du TP !). En discutant avec nos chauffeurs, ils nous apprennent qu’ils ont plus de 10 ans de route 40, mais que c’est la première fois qu’ils s’enlisent, la faute aux travaux en cours pour la construction d’une vraie route asphaltée. D’ailleurs certaines compagnies de bus refusent à présent s’emprunter le tronçon que nous avons parcouru, en raison du trop mauvais état du chemin. Valait mieux nous le dire après être arrivés…






Il parait que dans quelques années toute la route sera goudronnée. On y perdra en aventure et en folklore, mais on y gagnera sûrement en sécurité et en facilité de communication.

El Chalten

El Chalten est une ville curieuse.
Bâtie de toute pièce en 1985, par une volonté de placement stratégique du gouvernement argentin, c’est en train de devenir un haut lieu de l’alpinisme mondial. Ce village de moins de 500 habitants est en plein essor, et nous nous demandons ce qu’on y trouvera si nous y revenons dans 5 ans. Nous croisons dans les rues plein de gars louches avec cordes, casques et crampons sur les sacs à dos, mais heureusement il y a aussi des vacanciers normaux comme nous.




Une fois de plus nous voilà coincés : on ne peut pas venir dans la région du Fitz Roy sans faire un minimum de randonnée pour admirer les paysages qu’elle abrite. La différence avec le parc Torres del Paine, c’est qu’on peut parcourir plusieurs sentiers de randonnée à la journée, donc sans se tapper le sac de 20 kg… Heureusement car les sentiers à faire sont plus longs, et parait-il plus difficiles : même pas peur !
Du coup, forts de notre première expérience de trekking, on se lance dans 2 treks nous permettant de voir les deux sommets stars en deux journées bien remplies :

Premier jour : chemin jusqu’au « cerro torres »





Second jour : aller-retour jusqu’au pied du Fitz-Roy, dont l’ascension est réputée parmi les plus difficile du monde. Sans toucher au mont Fitz-Roy évidemment, il est à noter que la montée de 2 km qui permet d’arriver au superbe lac à ses pieds est un truc des plus hardus : on l’a faite en 1h30 de souffrance (et d’injures parfois). Mais quelle récompense à l’arrivée ! Au pied du pic rocheux, un lac absolument turquoise reflète tout le paysage comme un miroir, malgré la fatigue et le froid, on reste ébahis devant le spectacle :





C’est superbe, on en prend plein les mirettes, mais aussi plein les baskets, puisque nos ballades représentent plus de 50 km en 2 jours. Comme disent les Argentins : «Vale la pena ! ». La chance qui nous a un peu manqué niveau météo précédemment, nous la rattrapons ici avec des conditions exceptionnelles (le temps est très rarement dégagé dans ce coin, il arrive même souvent que des touristes restent plusieurs jours dans la région sans apercevoir une seule fois les sommets). 
Pour se remettre de nos efforts, une poignée de très bons restaurants servent des plats copieux pour les marcheus fatigués que nous sommes : énormes steaks argentins et cassolette de veau au mais (ça s’appelle un « locro »).




Après de telles journées, une seule solution : un repos bien mérité à l’auberge.

Dédicace à Tyler, qui se reconnaitra :





repos à el chalten (dédicace à Tyler Bouguenec...) from jbqueromes on Vimeo.