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mardi 14 juin 2011

Ica et Pisco


De Nazca nous partons pour Ica, ville qui n’a pas grand intérêt touristique, si ce n’est l’oasis voisin de Huacachina, petit lac entouré d’hotel, plantés au milieu de dunes de sable gigantesques. Ici l’activité principale c’est le « sand board » et le rallye en buggy dans les dunes. Pas très chauds pour se lancer dans les sports extrèmes de gringos, on a préféré la classique ascension des dunes pour voir un joli coucher de soleil.








Le lendemain, passage au musée d’Ica qui a plutôt été une bonne surprise (remarquez la momie de Jack Sparrow retrouvée non loin d'ici…).







La région étant connue pour ses vignobles, nous n’écoutons que notre courage pour aller en visiter quelque uns (et on a aussi une réputation à entretenir, n’est-ce pas kada ?). Une domaine de vin et un producteur artisanal de pisco plus tard, le verdict n’est pas si enthousiaste que dans nos précédentes visites. Disons qu’on est restés un peu sur notre soif. Certes le vin péruvien a l’air plutôt en-dessous des argentins et surtout des chiliens, mais il mériterait d’être plus approfondi pour lui donner une deuxième chance.
















Après la visite nous partons directement pour la ville de Pisco justement, point de départ des excursions vers les îles Ballestas, réserve naturelle sur le littoral qui fait la fierté du pays.



Comme nombre d’autres touristes ce matin là, nous embarquons à bord de nos barques pour un premier arrêt au « chandelier », là aussi une grande figure géométrique dessinée par une civilisation proche des Nazcas il y a plusieurs siècles.



Puis c’est le festival de la faune marine. Les iles Ballestas sont une réserve protégée qui abritent des millions de spécimens d’oiseaux, et des milliers de phoques et lions de mer. On s’en prend plein les mirettes pendant deux bonnes heures, admirant les quantités incroyables d’oiseaux qui nous survolent.






















Après la navigation nous terminons la journée par une ballade sur la côte sauvage, entre désert aride et côte surpeuplée d’oiseaux. Une belle journée au bord de la mer avant de partir pour une première visite dans la bouillonnante capitale.















Rencontre avec Vicky


 - De quel pays venez-vous jeunes gens ?
 - On est français
 - Bien, moi je viens du cosmos, et j’ai 3000 ans
 - … (Euh, elle les aurait pas reniflées d’un peu trop près ses lignes ?)

Après avoir franchi la porte en tôle ondulée du « centre Maria Reiche », nous sommes invités à pénétrer dans le musée par la tenancière des lieux, Vicky, que nous identifions comme étant d’origine allemande. En lieu et place du musée auquel nous nous attendions, nous nous retrouvons en fait dans une case aux murs de bambous, devant un enchevêtrement de bric et de broc au milieu duquel trône une grande maquette représentant le désert de Nazca et ses fameuses lignes.

Vicky, une ancienne disciple de la défunte Maria Reiche, dont un portrait est fièrement exposé sur un des murs, s’est installée ici à Nazca il y a près de quinze ans, et tente de faire vivre la mémoire de son ancien mentor avec ses moyens dérisoires.

Pendant près d’une heure elle nous parle des découvertes de son maitre, mais aussi et surtout de la politique locale, nationale et internationale (on a même le droit à un étrange parallèle entre Fujimori et Sarkozy), de grand capital et de l’avidité des entreprises touristiques qui exploitent la manne commerciale que représente les lignes sans mettre un seul centime dans leur conservation. Complètement perchée la Vicky, ses explications sautent du coq à l’âne, des sources d’eau cachées sous les lignes à la corruption locale qui empêche ses recherches, des calendriers astronomiques pré-colombiens au calendrier électoral des prochaines présidentielles péruviennes, de l'artisanat local au fonctionnement d'une baguette de sourcier…

On sort de ces exposé un peu amusés, mais aussi finalement sensibilisés par les messages qu’elle nous a transmis. « Un sacré personnage » comme l’a qualifié le guide du routard.

Nazca : on se fait une petite ligne ?


Arrivés à Nazca de bon matin, nous trouvons une petite auberge sympathique et partons prendre un petit déjeuner. Visite ensuite au centre Maria Reich (Cf. Article suivant), qui ne nous laissera pas indemne. Maria Reich est une mathématicienne allemande qui a passé près de 40 ans de sa vie à étudier les fameuses « lignes de Nazca », ces grandes figures géométriques tracées dans le désert il y a plusieurs siècles par la civilisation du même nom. Etants venus dans cette région pour les voir, il nous fallait un minimum d’explication avant de découvrir les lignes en vrai, et on n’a pas été déçus du voyage…




Nous poursuivons par un autre musée, édifié suite aux recherches menées par plusieurs expéditions italiennes. Nous sommes absolument seuls pour cette visite, ce qui ne nous dérange aucunement, au contraire… Joli musée, avec beaucoup de renseignements sur les multiples découvertes de la région, mais les explications étaient très techniques, beaucoup trop pour nous (« La parcelle numérotée X83 contenait 4 fragments de céramique datées de la période pré-Nazca formative… »).







Ce n’est que le lendemain que nous embarquons à bord d’un petit Cesna pour aller admirer les fameuses lignes de plus haut. En effet, bien qu’elles aient été dessinées il y a plusieurs siècles, on ne peut les voir vraiment que depuis le ciel.

1ère impression, ça secoue bien comme il faut (le souvenir d’un survol du Grand Canyon il y a 15 ans refait surface). Admirer les lignes depuis le ciel, ça se mérite, et touriste bulgare assise à côté de moi passera la moitié du vol la tête dans le sac…





Vidéos à venir, dès qu’on trouvera un accès correct (et bon marché !) en Nouvelle Zélande, où nous nous trouvons actuellement (bouh, le retard !)


2ème impression : même si on pensait voir les lignes plus nettement, ça reste quand même impressionnant, et on se demande toujours pourquoi diable cette civilisation est allée dessiner de telles figures qu’eux-mêmes ne pouvaient pas voir?








 Si vous regardez bien celle-là, on voit nettement l'ombre de notre coucou projetée sur le sol désertique, ce qui nous donne 2 indications sur les conditins de vol :
1 : oui, on volait vraiment bas
2 : Oui, le pilote nous penchait presque à 90° pour nous faire profiter de la vue (et mettre notre estomac à dure épreuve aussi...)

C’est assez beau, et ça restera un beau moment, même si certaines ont mis un peu de temps à s’en remettre.