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dimanche 13 novembre 2011

Bain de foule à l'indienne

L'Inde et les indiens exercent une sorte de fascination pour nous, et c'est donc avec impatience et excitation que nous avons quitté Bangkok, de plus en plus inondée, pour retrouver Delhi 3 ans après notre première visite.

En Thaïlande nous avions rencontré un couple de voyageurs qui, ayant écumé bon nombre de pays depuis des années, nous avait demandé si nous étions déjà allés en Inde. Ils commentèrent notre réponse affirmative par un "Ok, so you're prepared..." qui nous rappela que l’atterrissage sur le sous-continent indien ne serait pas forcément de tout repos mentalement parlant.

L'Inde est un pays fabuleux qui vous chahute sans cesse entre émerveillement et répulsion, sérénité et énervement, confort et dérangement. Nul autre pays que nous connaissons ne sollicite autant vos neurones et vos sens jusqu'à saturation, que ce soient la vue, l’ouïe, le gout ou l'odorat, car vous savez sans doute que l'Inde est un pays qui se visite aussi avec le nez...

Arrivés en fin de soirée, nous nous sommes directement dirigés vers la banlieue de Delhi, pour squatter le temps d'une nuit l'appartement de ma sœur préférée. Après les quelques réflexions et prises de têtes d'usage pour la planification grossière de notre itinéraire, nous décidons de sauter la case départ sans toucher les 20 00 francs en piquant dès le lendemain matin une bonne tête dans le foule indienne. Direction la gare centrale de Delhi pour acheter nos billets de train pur Calcutta. Et comme il nous reste quelques heures avant de prendre notre premier train de nuit indien (catégorie "sleeper" pour les connaisseurs), nous voilà en plein dans le quartier du Red Fort de Old Delhi à prendre une grande bouffée de ce pays que nos sens avaient oublié. Séquence "madeleine de Proust" version chicken masala...











Se plonger dans la foule indienne, c'est comme prendre un bain dans la Manche à la Toussaint, faut plonger dedans d'un coup sans hésiter, sinon tu ta tâteras sur le bord jusqu'à marée basse. Nous nous sommes sentis complètement enivrés par tant de gens, de couleurs superbes, de rues crasseuses, de musiques entrainantes et de klaxons hurlants, de fleurs parfumés et d'épices vendues à côté d'égouts à ciel ouvert. On en a vraiment pris plein la tête, et nous avons finit notre première journée épuisés et rassasiés à la gare, avant d'embarquer pour "La Cité de la joie".

Le trajet en train devait durer 22 heures, il en dura 26 (record battu pour notre plus long transport depuis le début du voyage!). Pour ce qui est du train, je pense que cela nécessite un chapitre dédié que je publierai bientôt.





Arrivés à Calcutta, petite bourgade de 14 millions d'habitants, l'ambiance nous a semblé un peu plus détendue qu'à Delhi. Bon, comprenons nous bien, c'est quand même une énorme ville bordélique, bruyante et un peu crado, mais l'atmosphère nous a paru plus sereine, à moins que ce ne soit du à l'échauffement de Delhi l'avant veille.

Le centre ville de Calcutta est assez beau, avec son architecture coloniale, qui rappelle que la ville fut un temps la capitale commerciale de l'empire colonial britannique. Certains bâtiments sont vraiment magnifiques ou la cathédrale Saint Paul, ou le Victoria Memorial, que le Lonely Planet n'hésite pas à qualifier de "mélange entre le Taj Mahal et la Maison blanche", pas froid aux yeux les guides quand même...

















Calcutta c'est aussi un centre culturel important en Inde,et nous avons bien aimé la visite de la maison de Tagore, artiste et penseur très célèbre ici que nous ne connaissions absolument pas.




Le dernier jour sera consacré au sacré justement, avec un petit tour par les temples célèbres de la ville, en commençant par Kalighat, dédié à Kali, déesse sanguinaire extrêmement vénérée à Calcutta (le nom de la ville en serait dérivé). Nous passons également à Belur Math, où un petit épisode nous a amusés. Comme dans beaucoup de temples, une file d'attente se constitue pour aller observer ce que nous pensions être la statue de la divinité, généralement une sculpture confinée dans une petite salle étouffante et inondée d'offrandes et de fleurs par les fidèles. Cette fois ci l'organisation était semble-t-il un peu plus rigoureuse, et il nous a fallu prendre un ticket dans deux files séparant hommes et femmes.

Et puis arrivés dans la salle en question, nous avons compris : dans cette grande pièce étaient alignés sur le sol des dizaines d'assiettes , avec des nattes posées devant, attendant le postérieur des pélerins qui viendraient profiter du déjeuner gratuit dispensé par le temple. "Bon, maintenant qu'on est là, pourquoi pas casser la croute avec quelques pèlerins" s'est-on dit. C'est ainsi que nous avons bénéficié d'un repas très simple, mais copieux et assez bon, pris à tour de rôle (le service pour les hommes et les femmes était alterné) assis par terre et en mangeant à l'indienne, c'est à dire avec les doigts de la main droite bien plongés dans la sauce. Excellente expérience.















La journée "mystique" terminée, nous continuerons sur notre lancée pour partir à la découverte d'autres lieux chargés spirituellement, mais pour les bouddhistes cette fois.

La suite au prochain épisode!

samedi 5 novembre 2011

Thailande 3 : sous les pavés, la plage

Passant la frontière à Vientiane, nous partons en bus de nuit pour Bangkok, où des inondations monstre menacent le centre ville.

En prenant un large détour nous arrivons sans trop d'encombres au centre de la ville qui est globalement au sec, malgré quelques rues légèrement inondées...

Avant d'enchainer directement pour le Sud du pays, que nous n'avons toujours pas visité, nous passons une journée de visites dans le centre historique de Bangkok que nous commençons à connaitre un peu maintenant. Le temps de déambuler un peu dans le marché aux amulettes et de retourner au Wat Pho, sur lequel nous étions passés trop vite la dernière fois, et nous revoilà repartis pour une nouvelle nuit en bus. Destination : la province de Krabi.




La ville de Krabi n'a en elle-même pas un très grand intérêt, à part son marché de nuit très sympa pour un diner à base de produits de la mer. Grosse impression de la cuisinière (en rose) devant laquelle on est resté scotchés un bon moment tant elle était rapide : plusieurs plats envoyés en 5 min ! Et en plus c'était excellent.




 De Krabi nous partons visiter la région, surtout connus pour ses îles et son litoral. Au programme : Kayak de mer (mince, la saison des pluies n'est pas finie...), et une très belle journée sur les splendides plages de Railey, assez peuplées, mais vraiment magnifiques.











Si ça vous rappelle le film "la plage", c'est normal, ça a été tourné dans la région, et plus particulièrement aux abords de l'île de Koh-Phi-Phi.


Une grotte sacrée d'un genre un peu particulier, puisqu'on y fait des offrandes plutôt explicites pour l'esprit d'une princesse restée prisonnier ici.


Dans le genre "mariage sur une plage paradisiaque", nous sommes justement tombés sur la préparation de noces qui avaient lieu le soir même.






Nous partons ensuite pour la célèbre île de Koh-Phi-Phi, aussi célèbre pour ses eaux turquoise que pour son animation touristique. Bon là, je crois qu'on est allés un peu trop loin niveau "bain de foule", un peu mal à l'aise en arrivant sur le ponton du port en compagnie d'au moins 200 autres heureux vacanciers. Dans les ruelles du centre de l'île c'était même carrément la cohue, et nous avions du mal à circuler avec nos sac à dos au milieu de cette foule.

Pas de panique toutefois, grâce aux conseils de l'ami Bernard nous avons pu trouver une plage bien au calme pour nous détendre un peu.








Koh-Phi-Phi est effectivement une très belle île, mais nous n'avons pas vraiment pu l'apprécier à sa juste mesure. Dès le lendemain nous sommes donc partis pour tenter notre plan B : une petite île beaucoup moins fréquentée appelée Koh-Jum.

Le fait qu'elle soit peu mentionnée dans les guides et sur internet, ajouté à son accès un peu compliqué ont été de bons indices : c'était vraiment bien Koh-Jum : belle mer, belles plages, presque personne, et un bengalow à 20m de la plage dans un hotel familial disposant d'une excellente cuisine. Avec notre coup de coeur en indonésie nous avions mis la barre très haut en matière de plage paradisiaque, mais pour nos derniers jours en Thailande, cette étape farniente nous a fait le plus grand bien.













Déjà il nous faut retourner à Bangkok, où l'eau gagne du terrain... Effectivement en arrivant en bus c'est assez impressionnant, mais le bus passe quand même, malgré quelques infiltrations d'eau dans la soute. 
Il n'y eut qu'un seul bagage mouillé : devinez lequel !







Pour nous remettre de tout ça, nous serons accueillis une deuxième fois chez Régis et sa famille, qui nous avaient déjà reçus un mois auparavant. C'était une fois de plus royal, et ces quelques jours passés en leur compagnie nous ont une fois de plus enchantés. Mille mercis à vous !




Pour terminer ce dernier article sur la Thailande, je souhaitais évoquer la très forte présence de la famille royale dans la culture et la vie des Thaïs. En effet, partout on rencontre les armoiries du roi, et tout le monde semble ici vouer un véritable culte à cet homme qui, d'après ce qu'on a appris, a quand même fait beaucoup pour son pays.

Une locale nous a même confié : "Pour le stunami comme pour les innondations actuellement, la population prend la situation avec calme et sérénité. Vous savez, c'est le roi qui nous la donne notre sérénité. Grâce à lui et à tout ce qu'il a fait pour notre peuple nous savons que nous nous relèverons toujours des épreuves de la vie".

Et c'est ainsi que tous les jours, à 8h00 et à 18h00, sur toutes les télés et radios publiques, et dans tous les lieux publiques, retentit l'hymne national. La première fois c'est assez surprenant, car tout le monde se lève et arrête immédiatement toute activité pour honorer la Thailande et son roi d'une minute de silence.

Voici ce que ça donne dans une gare routière par exemple :




Sur ces bonnes paroles, nous partons en direction de l'Inde. Ça va chauffer !!!!