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samedi 22 janvier 2011

A l’arrière des berlines…

Pour le trajet pévu le lendemain, place à l’impro. En effet, la liaison entre Cachi et Cafayate n’est pas possible directement en bus. Nous devons couvrir un tronçon de 50 km pour rattraper la prochaine liaison.
La première étape se franchit sans problèmes, avec un cars qui serpente à travers une route magnifique.



Nous arrivons à Molinos, sorte de trou au milieu de nulle part. Dans le bus nous avions prévu de chercher un taxi avec 2 frangins argentins rencontrés plus tôt, mais nous nous retrouvons à 12 au milieu de Molinos, cherchant tous un moyen de rallier la prochaine ville desservie par un bus.
Arrive un chauffeur de minibus, qui nous annonce qu’il a 12 places disponibles pour nous… fastoche ! Mais le prix annoncé nous parait un peu élevé, et nous tentons de négocier… sans succès, puisque nous n’avons finalement pas le choix. Quelques minutes plus tard, un type se pointe devant notre petit groupe et nous annonce qu’il peut tous nous prendre dans ses 2 pick-up pour la moitié du prix : nous assistons avec délice à la naissance d’une concurrence dans l’industrie (ultra-libérale) du transport de Molinos. Après quelques palabres, nous choisissons les pick-up : plus économique, et plus typique aussi !


Passer 1 heure à l’arrière d’un tappe-cul sur une route poussiéreuse et défoncée, ça crée des liens :  nous entammons la discussion avec nos camarades du jour, que nous suivrons pendant 3 jours (article à venir).
Heureusement, la route est une fois de plus superbe, et nous arrivons poussiéreux mais heureux à bon port. Le bon port, c’est Angastaco, un trou presque aussi paumé que Molinos, où nous comptions dormir si aucun bus ne partait dans l’après midi. Enorme coup de bol, le bus pour Cafayate, notre destination finale, part dans 30 min : joli timing !



Nous finirons le soir dans un resto de Cafayate avec « la bande du pick-up » pour nous remettre de cette excellente journée.

Des momies incas aux bluesmen de la pampa

Retour à Salta après une boucle de quelques jours dans les montagnes du Nord. La ville est plus animée que lors de notre dernier passage, peut-être parce que nous somme vendredi soir.

Nous profitons de notre escale pour visiter le musée archéologique de la ville. Ce musée assez récent explique la culture des incas dans la région, et est surtout centré sur une découverte archéologique majeure de ces dernières années : les enfants du llullallaco (pronnoncez « yuyayaco »). Le Llullallaco est un volcan ulminant à plus de 6000 m à la frontière entre Argentine et Chili. Comme de nombreux hauts sommets des andes, il était sacré pour les Incas, et était à ce titre le théâtre de rituels religieux. La découverte de ces 3 momies en parfait état de conservation malgré leur 500 ans d’âge a permis de mieux comprendre les rites qui se déroulaient à l’époque.


Une seule momie est exposée à la fois, et l’arsenal technologique déployé pour l’étude et la préservation de ces corps est impressionnante (sas de décontamination pour les chercheurs, conservation à -20°C dans une atmosphère contrôlée, alarmes dans tous les sens, etc…). Etre face à face avec ces enfants sacrifiés il y a plusieurs siècles provoque un sentiment étrange, entre la compassion, l’admiration et le trouble. Ceux qui sont entrés dans la salle des momies au musée du Caire comprendront…

Retour dans notre guesthouse très « guesthouse » (article à venir prochainement). Une courte nuit nous attend car nous prenons la route du sud le lendemain.
Rendez-vous à Cachi, petite bourgade pleine de charme au sud ouest de salta. Il fait très chaud. Il n’y a pas grand-chose à faire  Cachi, à part s’y prélasser et profiter de l’atmosphère très appaisante du lieu. Ca tombe bien, nous trouvons une petite chambre d’hôtes tenue par un couple de retraités aux petits soins. Journée détente et décompression après quelques jours de voyages en car tous azimuth. Après un bref tour de la ville, nous nous rendons sur les différents points de vue qui l’entourent. Au Sud, un magnifique cimetière surplombe la ville avec en arrière plan les sommets à + de 6000 m qui dominent la région.






Le soir, direction un joli petit resto pour l’apéro, avec une dégustation de notre premier vin de la région de Cafayate, renomé dans toute l’argentine. Cheminants vers la suite de notre soirée gastronomique, nous tombons sur une fête folklorique sur la grand-place du village. Au menu, danses, costumes de gauchos traditionnels et chansons locales.

Sur recommandations de notre hôte, nous entrons pour la fin de soirée dans une gargotte tenue par une figure locale, un grand gaillard aimable et serviable qui fait de délicieux petits plats rustiques.



Quelques minutes après nous êtres installés devant nos empanadas, un groupe de 3 vieux musiciens du coin entre dans le resto et commence à jouer des morceaux : ils viennent ici se détendre après une soirée de concerts. Les 3 gaillards ont entre 59 et 79 ans, tiennent une forme olympique malgré leur visages tannés et leurs courbatures. Ils nous abreuvent d’histoires et de chansons locales, tout en s’abreuvant eux-mêmes du vin de la maison
Un vrai régal de soirée, on serait restés là toute la nuit si on avait pu.

Match de volley-ball andin

A Iruya, petit village perché dans la montagne à 2800m d’altitude, après une visite des alentours (magnifiques et spectaculaires, parmi les plus beaux paysages de montagne que j’aie vus), nous prenons un peu de repos avec une bière sur la place de l’église. Après quelques minutes, nous nous faisons déloger par la police, qui n’avait manifestement que ça à faire (10 policiers pour moins de 1000 habitants) : pas de piccole devant l’église…



Comme 2 pochtrons, nous partons finir notre litron sur la place principale du village, où sont installés des jeux pour les enfants et un petit terrain de sport. Plus tôt dans la journée, un match de foot improvisé avait commencé entre les villageois et les campeurs argentins.




En fin de journée, un filet de volley a été installé, et quelques villageois commencent à se faire des passes. Je ne résiste pas à l’appel du sport, et demande à m’incruster dans le jeu, ils acceptent. Dès que le nombre de joueurs est atteint, la partie commence : c’est du sérieux. La composition des équipes est très éclectique : mères de famille, jeunes, vieux, villageois, 2 jeunes portueños (dont une vraie joueuse de volley) et moi. Il y a même un manchot dans notre équipe. Tout le monde sait jouer, et les échanges sont très disputés. Apparemment, les villageois ont l’habitude de pratiquer ce sport. Nous gagnons le premier set, mais perdons les deux suivants. Le match se termine après le coucher du soleil, ous la lumière des lampadaires de la place. Super ambiance, tout le monde rigole et s’encourage. A la fin de la partie, alors que je reprends mon souffle sur le côté du terrain (nous sommes à 2800 m et je n’ai pas fait de sport depuis longtemps), mon coéquipier manchot me réclame 2 pesos « pour la coca ». Je comprends alors pourquoi tout le monde annonçait au début de la parie « por la coca, por la coca ». En fait ici, la tradition veut que le perdant paye la tournée de coca au gagnant. Dommage, ça m’aurait fait un prétexte…


Bilan de l´operation : 2 jours de courbatures...

Rencontre avec Solène, Christian et Nathalie.

Un soir dans une guesthouse de Humahuaca, petite ville au nord de Salta, nous entamons la conversation autour de quelques verres de bière et de vin local avec une française de passage et un couple de jeunes argentins en vacances ici. L’occasion pour nous de discuter un peu de nombreux sujets : politique, inflation dans le pays, mode de vacances des argentins, mais aussi gastronomie locale et culture andine. Mon espagnol est haché et je cherche mes mots sans cesse, mais la bière aidant nous parvenons à nous comprendre quand même. Une rencontre riche qui se finira tard dans la nuit. Petit mal de crâne le lendemain, qui doit certainement être du à l’altitude…

Christian et Nathalie sont 2 jeunes argentins de Rosario, grande ville au nord de Buenos aires. Elle travaille dans une mutuelle et lui dans l’industrie de la viande bovine. Comme beaucoup, ils passent leurs vacances dans le nord ouest pour admirer les paysages magnifiques des montagnes andines, mais aussi visiter la région viticole de Cafayate (où nous ferons escale prochainement). Solène, notre compatriote parisienne, est ici depuis plusieurs semaines pour s’imprégner de la région, et suivre des cours d’artisanat local (joaillerie et tissage notamment). Elle commence à bien connaître la culture locale, et m’apprend pas mal de choses sur le folklore andin et argentin en général.

Conseils sur les itinéraires à ne pas louper, les plats à gouter et des réflexions profondes sur le voyage en général, ce fut une belle soirée.

La région au Nord de Salta

Nous voici dans la région de Salta au nord ouest de l’Argentine. Le Chili et la Bolivie de ne sont pas loin, et nous évoluons entre paysages et visages andins.






Arrivés à Salta, plaque tournante des itinéraires de la région, qui a en plus le mérite d’être une ville agréable, nous effectuons un premier circuit dans le nord de la région pour admirer les paysages tant vantés par les argentins que nous avons croisés. Et il faut dire que ça mérite le détour, les montagnes sont spectaculaires, colorées et imposantes. La population et la culture locales sont plus andins (musique et artisanat très proches du Pérou).



Nous visitons de petits villages entourés de montagnes. C’est un circuit très prisés des jeunes argentins qui arrivent en nombre avec sac à dos et tentes pour passer les vacances dans les campings de la région.
Nous rencontrons aussi quelques français, dont un couple de retraités très sympa et enthousiastes de Rueil Malmaison (…), qui nous abreuvera de conseils pour la suite de notre voyage, car ils achèvent un périple de 3 mois entre Bolivie, Pérou, Chili et Argentine.

Une première boucle nous emmènera dans le Nord de Salta, à travers des paysages tous plus époustouflants les uns que les autres (les montagnes dépassent les 5000 mètres dans le coin). Petits villages, vallées encaissées, ballades à pied et quelques sites archéologiques de villages préhispaniques reconstitués.









La terre est sèche, mais cultivable par endroits, les locaux sont très accueillants et entament volontiers la discussion. Nouvel indice de la proximité des Andes s’il en fallait encore un, la consommation de Coca est autorisée dans la région, et beaucoup de villageois ont une joue gonflée par les feuilles qu’ils chiquent toute la journée. Il faut dire que nous sommes souvent à 300 m d’altitude et que les efforts physiques demandent plus d’énergie.