La carte : Où en sommes-nous ?

Où sommes-nous actuellement ?
Afficher 2hemispheres sur une carte plus grande

jeudi 24 mars 2011

Rencontre avec Lautaro et la famille Jimenez


Lautaro est notre hôte à Concepcion, il a 23 ans, habite chez ses parents et est un habitant typique de Concepcion, puisqu’il est étudiant. Très ouvert, et accueillant, il aime la musique (le métal est très populaire en amérique latine), faire la fête, et ne pas se prendre la tête. Ses études d’ingénierie électrique terminés, il aimerait partir voyager, et être son propre patron quand il commencera à bosser.

Les parents de Lautaro sont également super accueillants, discutent avec nous de leu expérience du tremblement de l’année dernière, mais aussi de leurs voyages (désert d’Atacama et parcs de patagonie). Tous nous ont ouvert les portes de leur maison avec une grande gentillesse et un naturel étonnant.
Encore un exemple de famille chilienne adorable et ayant un grand sens de l’hospitalité.



Elle s’appelait Concepcion…


Cela n’a pas grand-chose à voir, mais le titre de cet article fait référence à une chanson de Robert Charlebois qui m’est restée dans la tête pendant 4 jours sans pouvoir me l’enlever : merci papa…

Bref, arrivés à Concepcion, le temps est au beau fixe, et notre hôte de Couchsurfing Lautaro (article à venir) vient nous accueillir avec un grand sourire et un T-shirt d’Iron Maiden. Nous nous dirigeons vers la maison familiale, où nous attend sa sœur pour prendre le déjeuner (avec une bière et un petit digestif maison à base de griotte, excellent). Les parents de Lautaro sont absents, mais son oncle et son cousin sont là, attendant la levée de l’alerte au tsunami prononcée la nuit dernière : ils habitent la côté et sont venus passer la nuit ici, loin de la plage. On apprendra après leur retour chez eux que le tsunami japonais n’a pas provoqué de dégât dans la zone.

Cette région du Chili est en effet très marquée par les séismes et les raz de marée, comme ceux de 2010 qui ont été particulièrement puissants. Nous verrons plus tard les dégâts provoqués et les témoignages de ceux qui ont vécu le tremblement.
Plus tard dans l’après midi, monsieur Fuentes, le père d’un ami  rencontré à Cuba il y a quelques années vient nous chercher avec son mini bus pour nous faire une véritable visite en règle de la ville de Concepcion, 2ème ville du pays, connue comme étant le cœur étudiant du Chili. Direction donc la superbe université de la ville (la principale, car il y en a un paquet) pour une ballade à travers ses différents bâtiments et ses parcs verdoyants : les centaines d’étudiants venant de tout le pays et même de l’étranger doivent avoir du mal à quitter cet endroit à la fin de leurs études, car ils sont ici dans des conditions idéales (il y a aussi une bonne quantité de bars et de boite à la sortie du campus, au cas où).





Notre visite nous fait ensuite parcourir le centre ville de Concepcion, pas inoubliable, pour arriver à la zone côtière où notre guide du jour tient à nous emmener : « il faut que vous vous rendiez compte de ce qui s’est produit l’année dernière » nous dit-il.
Arrivés devant la zone la plus spectaculaire, on comprend l’ampleur de la catastrophe : un immeuble su le point de s’effondrer a été consolidé de toute part, et un autre est carrément tombé de tout son long. Le séisme de 2010 a été très violent, et le nombre relativement faible de victimes (moins d’une vingtaine d’après ce qu’on nous a dit) est du à la bonne réaction des habitants, coutumiers de ce genre de phénomène. Tout le monde ici suit d’ailleurs les événements au Japon avec une attention et une émotion tout particulière, car ils savent qu’une telle catastrophe peut se produire avec la même violence chez eux (c’est arrivé en 1960 d’ailleurs, plusieurs villes chiliennes avaient été rasées de la carte).






Nous finissons notre visite dans la maison de la famille famille Fuentes, dans un magnifique endroit au bord d’un lac. L’ami Claudio est en voyage actuellement (nous le verront à Santiago quelques jours plus tard), mais nous sommes accueillis très chaleureusement par sa mère, son père et son frère Sebastian pour le traditionnel « once ». Le once c’est un genre de brunch que les chiliens prennent sur les coups de 17h00, et qui remplace le diner : tarte aux fruits, thé, jus, mais aussi pain à l’avocat, fromage et charcuterie : on se régale.







La nuit tombée, nous nous souvenons que nous étions invités à une soirée dans notre autre famille d’accueil : les Jimenez (ceux de Couchsurfing, vous suivez toujours ?). Retour en ville pour une magnifique fin de soirée, aussi tardive que joyeuse et arrosée avec cousins, oncle, tante et amis de Lautaro : très belle première journée à Concepcion !



Le lendemain, après une bonne douche et quelques aspirines, nous repartons nous balader seuls en ville, dans le joli musée de la pinacothèque d Conception, surtout connu pour sa magnifique et spectaculaire fresque dans la hall d’entrée.
La fresque est un cadeau du gouvernement mexicain au Chili, et représente plusieurs allégories du continent sud-américain : on a adoré :





Après un petit completo (je ne m’en lasse pas), Sebastian, le frère de Claudio, nous donne rendez-vous pour une autre visite guidée de la région. Passage dans l’ancienne mine de charbon, arrêtée dans les années 90 (si je me souviens bien). Les alentour sont faits d’alignements d’anciennes maisons de mineurs, dominées par une colinne sur laquelle trône des demeures beaucoup plus luxueuses des propriétaires de la mine. La maison du docteur de la famille des proprios, véritable manoir, a été transformée en musée. Notre route passe ensuite sur une portion de côte qui a été frappée par le tsunami de 2010, et est désormais sinistrée. Nous avons pu bénéficier d’un bon cours de géologie grâce à Sebastian, qui y consacre ses études, et parle très bien français en plus. Nous finissions incollables sur la formation du charbon, le mouvement des plaques tectoniques et les couches sédimentaires visibles au Chili.







Retour rapide et derniers aux-revoirs aux deux familles qui nous ont ouverts leurs portes à Concepcion, car nous partons en bus de nuit (ultra moderne et avec le wifi à bord s’il vous plait !) Santiago. Nous leur adressons de sincères remerciements car ils nous ont permis de passer un excellent séjour dans cette ville habituellement boudée par les circuits touristiques.

mercredi 16 mars 2011

Temuco

Après les montagnes volcaniques de Pucon, nous voilà à Temuco, toujours cheminant vers le Nord.

Temuco étant une grande ville sans grand intérêt, nous ne nous y étions arrêtés que pour partir visiter un dernier parc national, superbe parait-il.

Seulement voilà, en se réveillant le matin, nous avons été accueillis par une grosse pluie qui n'a pas voulu s'arrêter avant l'après midi. Pas grave : plan B : nous sommes allés nous perdre dans les rues de cette grande ville dynamique, et notamment dans son marché énorme, pour y manger un excellent poisson et de superbes fruits de mer pour une bouchée de pain (5 euros à deux, un record au Chili, qui est un pays relativement cher) :





Déambulant dans la ville nous nous retrouvons sur la place principale pour une pause café (et pâtisseries allemandes, caractéristiques de la région), avant de rentrer à l'auberge, bien contents de cette journée improvisée.

Prochaine étape, Concepcion, grande ville universitaire, où nous attendent moultes rencontres (et moultes boissons...)

Le completo

Bon, j'avoue que j'ai un peu honte de dédier un article gastronomique à ce truc là, alors qu'on se régale depuis des semaines de la super cuisine chilienne, mais je veux vous faire partager cette découverte.

Le completo, c'est un peu notre jambon beurre à nous, il y en a à vendre à tous les coins de rues, et personnellement j'ai trouvé cet encas plutôt pas mal du tout : explication :

Vous prenez un hot dog, vous y ajoutez de la tomate fraiche ciselée en petits dés, de la purée d'avocat, et vous arrosez copieusement avec toutes les sauces qu'il y a sur la table : mayonnaise, ketchup et moutarde (qui ressemble ici plus à de la Savora) : vous obtenez un completo :

A consommer de préférence avec une bonne bière, et en s'en foutant plein les doigts, puisqu'il n'y a pas d'autre moyen de le manger...

Pour les plus téméraires, on peut aussi passer au niveau supérieur : le "completo aleman" (parfois appelé super completo) : c'est la même recette, mais avec en plus de la choucroute dedans !

Eh bien croyez le ou pas, mais ça déchire !

Rencontre avec les Mapuches

La ville de Carrurehue est composée à 80% de Mapuches, une ethnie indigène présente dans toute la région.

Le musée qu'abrite la ville nous a permis d'en apprendre plus sur ce peuple fier, militant (voire guerrier), et assez controversé au Chili.

La femme qui nous a fait la visite était aussi passionnée que passionnante, et nous avons fini autour d'un grand foyer à discuter politique, religion, traditions et culture. Vraiment une matinée sympa.




chili_pucon_musée mapuche from jbqueromes on Vimeo.

Pour faire court et le plus objectif possible, les Mapuches sont un peuple d'indigènes dont la culture, très proche de la nature, est aussi fortement ancrée dans une tradition de lutte. Le tempérament fort de ces gens et la géographie de la région les ont aidés à se défendre contre toutes les menaces que l'histoire leur a apportés. Ni les Incas, ni les conquistadors ne sont arrivés à les vaincre complètement, ce qui représente un cas unique en Amérique latine.

Mais aujourd'hui, leur lutte se concentre surtout sur la conservation de leur culture et la préservation de leur environnement originel, toujours menacé par les projets industriels, principalement des mines ou des centrales électriques (un des gros problèmes du Chili est qu'il ne dispose pas suffisamment de ressources énergétiques).

Alors même si la majorité de leurs combats se font pacifiquement, politiquement et médiatiquement, les journaux font régulièrement état d'actions beaucoup moins pacifiques.

Comme nous l'a dit un jeune chilien "le problème, c'est que les intérêts de chacun sont trop opposés, alors à mon avis il n'y aura jamais de solution...".

Pour finir notre incartade en pays Mapuche, rien de tel qu'un restaurant dédié à leur cuisine. Des plats végétariens préparés avec les produits locaux, dont les énormes pignons du conifère emblème de la région, réduit en une bonne farine pour faire galette et soupes : un régal.